"Ce fut d'abord une étude. J'écrivais des silences, des nuits, je notais
l'inexprimable. Je fixais des vertiges."
In Une saison en enfer d'Arthur Rimbaud.
Avertissement :
ici sont rassemblés des réflexions, des commentaires,
de simples morceaux de textes, souvent sans cohérence entre eux, parfois
contradictoires. Il ne faut pas y chercher un fil conducteur, une unité,
simplement les prendre tels qu'ils sont : une sorte de brouillon.
Souvent je ne fais que répondre aux questions que l'on me pose.
Il n'y a pas de titres ?
La vertu cardinale de l'art abstrait est de nous placer hors de la description.
Donner un titre à une oeuvre abstraite l'attire vers celle-ci
et réduit cet espace de liberté tant attendu. Sans titre, il reste les numéros.
J'ai choisi d'y adjoindre le mot coloriage car il décrit trés bien l'action
qui l'a produite.
Colorier: Appliquer des couleurs sur une surface.
In Le petit ROBERT.
Coloriage aussi parce que je ressens un plaisir intense à jouer avec les couleurs.
Pourquoi la peinture ?
Autant demander à la peinture : pourquoi Mounet ?
Pourquoi l‘abstraction ?
Pour échapper au monde des concepts.
L’abstraction me permet de représenter l'univers tel que je le ressens récurrent
et en perpétuel devenir.
Et pourquoi tout ça ?
Parce que je ne peux pas faire autrement, c’est le domaine de la nécessité.
C'est aussi une des dernieres façons d'accéder à moi-même, à une connaissance
intuitive.
Depuis l’enfance j‘observe ce monde étrange et merveilleux, fasciné par son
instabilité féconde, ses transformations formidables sans quoi rien ne serait
possible. Un monde où rien n’est stable et tout se ressemble.
Enfant, les gens me disaient bizarre, me traitaient de débile car lorsque le chien ouvrait
sa bouche je voyais les Pyrénées, et face aux Pyrénées, je repensais au chien.
Alors j’ai appris à me taire, à bien me taire.
Regarder seulement.
J'ai vu les cieux, ceux des soirs et ceux des matins, sans cesse renouvelés par les nuages, les vents et le soleil.
J'ai vu les arbres qui s’agitent dans le vent croisant parfois leurs ramures,
mêlant souvent l’opulence de leurs feuillages.
J'ai vu les reflets, tous les reflets.
J’ai vu l’hiver les cristaux se former et disparaître, je les ai vus aussi
au fond des volcans, j’y étais.
J'ai vu les plumes qui bougent avec les oiseaux qui sont dedans.
J'ai vu le monde qui tremble là où il se transforme, là où il croit, grandit,
se développe sans répit vers sa pente.
Maintenant je peins tout ça.
"Si ce que tu as à dire n'est pas plus beau que le silence, alors tais-toi."
Proverbe arabe.
© Sylvain Mounet 2004-2008